| André Moine |
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| 23-03-2007 | |
![]() André Moine (1924-1943) Dans la nuit du 17 juin 1943, après une expédition sur la mairie de Vern d'Anjou et la rencontre fortuite de soldats allemands, la gendarmerie trouve à Brain sur Longuenée la mallette de l'un des intervenants. Celui-ci, au lieu de filer comme les autres à travers champs, a abandonné son vélo. Dans sa mallette figure la liste des six élèves maîtres membres du Front National de la Résistance. Le surlendemain, ils sont arrêtés à Chevrollier. Le jeune André Moine, fils d'un adjudant de gendarmerie, à cette époque chef de la brigade de Seiches sur le Loir, fait partie de ce groupe. Le 13 décembre il est condamné à mort et le 15 fusillé par les Allemands. Ce sont des Français qui ont arrêté André Moine et ses camarades. D'abord internés par des Français, les jeunes gens furent livrés aux Allemands qui les écrouèrent au Pré Pigeon. Les prisonniers furent à un tel point frappés et torturés que l'un d'eux, René Brossard, instituteur originaire de Segré, est mort des coups qu'il avait reçus. Grâce à un habile subterfuge, André Moine réussit à faire parvenir des nouvelles à ses parents. La dernière lettre du jeune condamné est datée du 15 décembre 1943. Voici la dernière lettre que je vais vous écrire. En effet, il est 6 h 30 et, ce matin, on vient de nous dire que nous serions exécutés à 8 h 15. A peine deux heures à vivre. Oh ! Dire que je ne vous verrai plus ! Dire que jamais je ne vous embrasserai plus ! Quelle va être votre douleur en apprenant ma mort ? La peine que vous subirez sera encore plus dure que la mienne. Mais, je vous en supplie, puisque telle est la volonté de Dieu, ne vous élevez pas contre Lui.... Mon petit papa chéri, ma chère petite maman chérie, me pardonnez-vous ? Comme je voudrais vous embrasser, vous serrer bien fort sur mon cœur, au moins une fois avant de mourir. Je viens de me confesser à un aumônier catholique de l'armée allemande, je vais communier tout à l'heure.
Oh ! qu'il est dur de mourir à 19 ans ! P.S. : je vous renvoie mes affaires avec un peu de provisions. J'en ai laissé à la prison pour ceux qui ne reçoivent pas de colis. Puis ce fut l'exécution qui eut lieu à Belle Beille. Les condamnés avaient les yeux bandés, les mains attachées derrière le dos à un poteau voisinant avec leur cercueil. Sur la poitrine, un bout d'étoffe blanc était accroché à la place du coeur. Le crime commis, les corps furent amenés au cimetière de l'Est. En sa mémoire, l'école Clémenceau a pris le nom d'école André Moine en 1977. Merci à Catherine Charrier d'avoir retrouvé cet article dans les tréfonds de son disque dur. |
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| Dernière mise à jour : ( 25-03-2007 ) |