| Départ des classes d'intégration |
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| Écrit par Arnaud (administrateur) | |||||
| 08-06-2007 | |||||
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Lettre de protestation des parents d'élèves de l'école élémentaire André Moine d'Angers contre le départ des classes d'intégration d'enfants déficients auditifsLes enfants déficients auditifs ne seront plus accueillis dans notre école dès la rentrée prochaine.
Nous regrettons les conditions dans lesquelles se déroule le départ des classes d'intégration.En mai 2006, une rencontre a lieu entre les parents d'enfants handicapés, le centre Charlotte Blouin (CCB, cf note 1) et l'Inspection Académique (IA); il y est annoncé, de manière unilatérale, la fin immédiate des inscriptions et le terme de l'intégration sous 2 ans. Malgré une action de protestation (les enfants sourds sont retirés de l'école pendant 4 jours), aucune information n'est diffusée auprès des parents. L'année scolaire se termine avec comme triste perspective des effectifs de classe d'intégration très faibles (moins de 7 enfants répartis en 2 groupes) et des moyens éducatifs restreints (seulement 2h30 de langue des signes française (LSF) par semaine). A la rentrée 2006/07, un parent prend l'initiative de présenter devant le CCB et l'IA le projet d'un départ anticipé des classes d'intégration vers le seul établissement angevin proposant une éducation bilingue LSF-français (cf note 2), l'école primaire Saint Paul. Cette action conduite en concertation avec les parents concernés est provoquée par la détérioration de l'accueil et du dispositif éducatif, conséquence insidieuse des décisions administratives antérieures. Elle est –également et avant tout– motivée par la recherche du mieux-être éducatif et par l'attention au développement personnel des enfants handicapés. Confrontés à l'alternative d'une intégration individuelle non-respectueuse des besoins de l'enfant sourd ou d'un départ imposé, les parents ont choisi –comme nous l'aurions tous fait– l'intérêt de leur enfant, à regret. Nous sommes tristes d'assister à la disparition de ce qui participait de la richesse de notre école.Nombre de parents ont choisi d'inscrire leur enfant à l'école André Moine car ils voyaient dans cette rencontre avec le handicap la possibilité d'un enrichissement commun. Non pas une simple cohabitation mais l'opportunité d'un réel partage, d'une approche ouverte et respectueuse des différences. Tout au long de l'année, les classes dites ordinaires bénéficiaient d'une heure hebdomadaire d'initiation à la LSF, partageaient au quotidien les activités sportives et artistiques, les sorties culturelles avec les classes du CCB. Les activités communes, la reconnaissance d'une langue et d'une culture sourde fondaient les bases d'une éducation citoyenne, culturelle et humaine. Nous sommes en colère devant le désengagement des instances administratives et politiques.Si les parents et l'école sont dans cette situation de crise, c'est à cause de la défection des pouvoirs publics qu'ils soient municipaux ou nationaux. L'intégration des enfants handicapés est prise en charge par de multiples instances: Ministère de l'Éducation, de la Santé, mairie, réseau mutualiste... Les responsabilités n'en sont pas allégées, elles sont partagées. L'Inspection Académique connaît depuis longtemps la nécessité de créer un cursus scolaire d'intégration offrant un enseignement bilingue LSF-français depuis l'école maternelle (il était question, un temps, de l'école Descartes). Le service public d'éducation n'assure pas son rôle à Angers, jouant hypocritement des nouvelles lois sur le handicap (cf note 3) et laissant les parents devant la seule issue de l'enseignement confessionnel privé. Les autorités administratives et politiques se doivent de favoriser la création et la pérennité de dispositifs intégratifs de groupe dans les établissements publics d'éducation. Il en va du maintien des principes d'éducation et de solidarité de notre société. Les représentants et l'association des parents d'élèves, juin 2007. 1. Le CCB a pour mission – entre autres – d'accompagner la scolarisation d'enfants sourds. Il dépend de la Mutualité française Anjou Mayenne. 2. Il faut distinguer deux approches éducatives opposées: d'une part, l'enseignement basé sur le bilinguisme LSF-français; d'autre part, l'oralisme, basé sur un appareillage auditif et sur le langage parlé complété (LPC), prône l'insertion des enfants sourds dans le monde de la communication orale (méthode mise en oeuvre à l'école Bordillon). 3. La loi sur le handicap du 11 février 2005 «reconnaît à tout enfant porteur de handicap le droit d'être inscrit en milieu ordinaire, dans l'école la plus proche de son domicile», accorde de droit «la liberté de choix entre une communication bilingue (...) et une communication en langue française» et insiste sur «les dispositions à prendre par les établissements (...) pour garantir l'application de ce choix». Or, primo la loi parle d'inscription et non d'accueil effectif, secundo la surdité est un handicap de communication nécessitant une intégration collective pour développer le langage signé (l'intégration individuelle – possible par la loi – est problématique), tertio l'enseignement bilingue est encore peu répandu: les parents sont devant un faux choix! |
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| Dernière mise à jour : ( 12-09-2007 ) | |||||
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